Tendances de société

Le développement durable : naissance d’un enjeu politique

Par Olivier

Aborder le thème du développement durable dans le débat politique n’est pas nouveau en France : cette pratique date de plus de 30 ans et la thématique revient de manière sporadique au grès des grandes catastrophes naturelles ou accidents technologiques. Pourtant, alors qu’une fois l’émotion du drame passée, celle-ci était généralement rangée derrière le triptyque habituel – social, insécurité et immigration – la thématique semble aujourd’hui perdurer et muter en réelle cause nationale.

La popularité de Nicolas Hulot durant la campagne présidentielle, son pacte écologique signé par les principaux candidats, le Grenelle de l’Environnement et le futur projet de loi relatif à sa mise en œuvre sont autant de signes forts pour un réel changement de statut pour cette thématique.

Signe intéressant de cette évolution, une très large majorité des Français estime aujourd’hui que le développement durable est « une idée qui a de l’avenir » (77%) quand à peine un sur cinq y voit un effet de mode (22%). Une étude de l’Ifop pour le groupe La Poste nous apprend que plus de 9 Français sur 10 sont désormais préoccupés par la protection de l’environnement (et 45% se déclarent « très préoccupés »).

 

De la préoccupation à l’action individuelle

 

Cette prise de conscience de la part de l’opinion publique a peu à peu engendré une modification des comportements depuis quelques années ; tendance qui s’est accélérée depuis 2007. Ainsi, selon l’enquête réalisée par TNS Media Intelligence pour Ethnicity et Aegis Media Expert près de 2 Français sur 3 déclarent avoir changé de comportement en 2007. Bien sûr, comme souvent dans ce genre d’études, on trouve des disparités fortes selon les catégories de population. Pourtant, ce sont cette fois les séniors qui montrent la voie du progrès : ils sont 77,6 % de retraités CSP+ à avoir changé de comportement, contre seulement 59,3 % d’étudiants. Parmi les principaux motifs d’absence de changements de comportements, la question du pouvoir d’achat reste prégnante (pour 50% de ceux qui déclarent n’avoir rien changé). Pour ces personnes, le comportement écologique reste encore associé à un surcoût de dépenses.

 

De l’enjeu de société au programme politique

 

Dans la continuité de cette mouvance, les élus locaux ont emboité le pas dans la gestion de leur commune. Une étude menée par KPMG en partenariat avec l’AMGVF (l’Association des Maires des Grandes Villes de France) intitulée « Quand les grandes villes françaises ont rendez-vous avec le Développement Durable » nous apprend que toutes les villes de cette taille disposent aujourd’hui d’une politique de développement durable, formalisée récemment pour la plupart, et que 95% d’entre elles sont dotées d’un Agenda 21. Lorsqu’elles agissent, les municipalités n’oublient également pas de communiquer sur leurs actions (c’est le cas de 90% d’entre elles), le plus souvent par l’intermédiaire du magazine communal (86%) ou d’événements (86% également).

 

Les entreprises privées rentrent dans le jeu

 

Les acteurs privés ne restent pas étrangers à ce mouvement de fond. Le Baromètre UDA-CSA de la communication d’entreprise réalisé auprès des responsables de communication des 2500 premières entreprises françaises ou implantées en France en 2007, met en évidence que le développement durable (associé au RSE) arrive en 5ème position des thèmes les plus abordés par la communication d’entreprise. De même, 75% des entreprises ayant répondu se trouvent engagées dans une démarche de développement durable.

 

Plus qu’une mode de bobos, le développement durable semble donc représenter aujourd’hui un enjeu politique réel auquel les acteurs privés et publics se sont attaqués.



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