Tendances de société
Pauvreté en France : vers une clochardisation de la société ?
Par Adeline Merceron
Vendredi 17 octobre, tandis que les regards étaient tournés vers les cours de la Bourse, la Caisse d’Epargne annonçait avoir perdu 600 millions d’euros dans un «incident» boursier.
Parallèlement, le même jour, se tenait la Journée Mondiale du Refus de la Misère, sur le thème de la précarité des jeunes. A cette occasion, le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a annoncé la création d’un fonds d’expérimentations de 10 millions d’euros pour répondre aux problèmes de revenus, d’emploi et de formation des jeunes.
600 millions vs 10 millions : voilà deux réalités, deux actualités qui ne peuvent laisser indifférent !
Une évaluation difficile du seuil de pauvreté
En France, selon les critères de l’INSEE, une personne est considérée comme pauvre si ses revenus sont inférieurs de 50% au niveau de vie médian de la population. Avec cette définition, plus de sept millions de Français vivraient aujourd’hui sous le seuil de pauvreté fixé à 880€ par mois.
Si les données officielles sont ce qu’elles sont, les Français évaluent à un tout autre niveau ce seuil de pauvreté. A la question « pour vous, en dessous de quel revenu net par mois une personne seule peut être considérée comme pauvre dans un pays comme la France ? » posée par Ipsos pour le Secours Populaire, 20% des interviewés répondent moins de 800€, et 17% entre 800€ et 999€. Les Français surévaluent donc majoritairement ce seuil de pauvreté. En moyenne, ils considèrent qu’avec moins de 1006€ nets par mois une personne seule peut être considérée comme pauvre (soit 130€ de plus que le chiffre officiel).
Les Franciliens qui disposent des niveaux de vie les plus élevés en France évaluent ce seuil à un niveau encore plus élevé, 1197€ nets par mois, là où les ouvriers et les salariés l’estiment en moyenne à 934€ et les cadres et professions intermédiaires à 1043€.
Certes, la définition de la pauvreté est pour le moins subjective, mais il n’en demeure pas moins que le décalage entre la réalité perçue des Français dans le quotidien et la définition officielle de la pauvreté semble réel.
D’une donnée abstraite à une réalité inquiétante !
Un phénomène prend de l’ampleur aujourd’hui en France, les glaneurs, ces personnes qui à la fin des marchés ou aux sorties des grandes surfaces récupèrent les marchandises invendues et pourtant consommables. Pratique encore marginale il y a peu, ils sont de plus en plus nombreux aujourd’hui à avoir des difficultés pour se nourrir. Signe d’une pauvreté grandissante ? Probablement. Pour, neuf Français sur dix (92%) on parle avant tout de pauvreté « lorsque l’on éprouve d’importantes difficultés pour se procurer une alimentation saine et équilibrée », loin devant le fait de pouvoir accéder ou non à des activités culturelles et de loisirs (75%) ou encore, de pouvoir envoyer ses enfants en vacances au moins une fois par an (74%).
Paupérisation ou non de la société, les Français se projettent personnellement et facilement dans une possible situation de grande pauvreté. 60% des personnes interrogées par la Sofres en septembre dernier répondaient par l’affirmative à la question « diriez-vous qu’il est possible que vous ou l’un de vos proches vous retrouviez un jour dans la rue, c’est-à-dire sans domicile fixe ? ». Parmi elles, un quart (27%) jugeait même que cela était « tout à fait possible » ! Ils n’étaient que 48% en 2006 (dont 4% seulement jugeaient cela très possible) selon l’institut BVA à partager le même jugement !
Quelle projection dans l’avenir ?
La crise économique, la baisse du pouvoir d’achat, la hausse des coûts des matières premières, la répercussion sur prix des biens de consommation courante, le surendettement sont autant d’éléments qui alimentent l’inquiétude des Français pour eux même, mais également pour leur descendance. Ainsi, un Français sur deux (55%) considère que le risque que leur enfant connaisse une situation de pauvreté dans l’avenir est « beaucoup plus élevée » que pour leur génération. Il y a encore un an, il n’était « que » 47% (soit une progression de 8 points). Conséquence de la crise ? Sans nul doute ! Sans surprise, ce ressenti est encore plus présent chez les catégories les plus directement concernées par la question du pouvoir d’achat : les employés et les ouvriers (67%).
Le président de la République s’est fixé un objectif ambitieux de baisser d’un tiers la pauvreté en France d’ici 2012. Nous ne demandons qu’à y croire !


Peut-être devrait-on aussi revoir la façon de déterminer le seuil de pauvreté…parce que l’expérience nous prouve qu’aujourd’hui avec 800 euros par mois, aujourd’hui on ne vit pas, on survit à peine
@soeur
ça dépendra en partie du lieu d’habitation et du statut de la personne (locataire / proprio)
Bonjour,
Faire baisser d’un tiers une pauvreté qui aura augmenté de 200% pendant le séjour, ce ne sera pas difficile à faire en magouillant un peu les comptes comme il est fait avec le décompte des chômeurs et autres sans emplois ayant définitivement renoncé à être enregistré quelque part.
Le seuil de pauvreté, on s’en fout !!
Ce qui est important, c’est de pouvoir vivre dignement, et non de vivre pauvrement, et le pays est bien assez riche pour cela….. à condition bien sur que les richesses soient réparties autrement.
Les bases sont les mêmes pour tous:
- se nourrir
- se loger
- avoir un emploi
- avoir accès aux transports
- avoir accès à l’énergie
- avoir accès aux soins
- avoir accès à la justice
….et si possible être heureux.
Et pour cela en France actuellement, je pense qu’il faudrait:
2000 euros net/personne + 1000 euros net par personne adulte à charge + 500 euros par enfant à charge.
Impossible ? Pas sur.
Que les profits de toutes les entreprises soient équitablement réparties entre les actionnaires et tous les salariés ayant participé à leur création sans distinction de poste….une grande partie du chemin serait déjà parcourue.
N’oublions jamais que l’important n’est pas d’avoir un haut salaire mais d’avoir des revenus décents, d’où qu’ils viennent légalement et quel que soient leurs noms.
Bonjour !
J’étais présent à la journée mondiale du refus de la misère ! Malheureusement très peu de mobilisation (Paris Trocadero).
Ce que revèle cet article n’a rien de nouveau ! ça fait 40 ans que l’état des lieux a été fait.
Je continu à me mobiliser mais je vois dans le regard de ceux qui vivent encore dans la rue, des squattes ou des hotels, le desespoir.
Mr Hirsch finira t’il comme Mr Boorlo avec son grenelle de l’environnement ?
Beaucoup d’annonces et de propositions pour un an plus tard, à la trappe !
Il reste deux mois à Mr Sarkozy pour tenir sa promesse.
Ensuite…
[...] à ce décrochage perçu, les Français se sentent démunis et envisagent le pire. 60% de nos compatriotes jugent possible qu’eux-mêmes, ou l’un de leurs proches se retrouve un [...]
[...] à ce décrochage perçu, les Français se sentent démunis et envisagent le pire. 60% de nos compatriotes jugent possible qu’eux-mêmes, ou l’un de leurs proches se retrouve un [...]