Europe – International
Les Français face à l’Europe : manque de confiance ou manque de leader ?
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Par Maël Donoso |
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Administrateur des Jeunes Européens - Universités de Paris |
Le rejet du Traité de Lisbonne par l’Irlande, en révélant la méfiance ou l’incompréhension de nombreux citoyens face au projet européen, a ravivé les groupes eurosceptiques français. L’attitude des Français face à l’Union européenne a ainsi fait l’objet de nombreuses études, sondages et analyses, qui révèlent dans l’ensemble une certaine hésitation face à la construction de l’Europe. Manque de confiance envers la Commission ou le Parlement européen ? Pour peu qu’on creuse la question, des explications plus pragmatiques apparaissent.
Les Français plus pessimistes que la moyenne des Européens
Ainsi, un sondage réalisé par BVA publié le 29 juin 2008, soit deux jours avant le début de la présidence française du Conseil européen, attestait d’un sentiment de crainte accru des Français par rapport à l’Europe. : seuls 30% d’entre eux voyaient l’Union comme une source d’espoir, soit deux fois moins que cinq ans auparavant (61%). L’opinion française apparaissait comme l’une des plus eurosceptiques du continent… En théorie du moins, car 53% des Français estimaient malgré tout que la politique étrangère (donc l’une des prérogatives fondamentales d’un État) devrait être de compétence européenne.
Un manque d’information ?
L’idée a été souvent répétée : plus qu’une méfiance envers le projet européen lui-même, c’est sans doute un manque d’information qui est à la base de l’euroscepticisme. À ce sujet, une enquête Eurobaromètre réalisée en novembre 2007 reste un exemple édifiant. Interrogés sur la citoyenneté européenne, seuls 43% des Français répondaient avoir déjà entendu le terme, et seuls 34% en connaissaient la signification. La mauvaise communication, principal défaut de l’Europe ?
Les Français votent pour Angela Merkel
Une explication supplémentaire au faible attachement des Français à l’Europe peut toutefois être avancée : l’Union, pour se construire et exister à l’échelle internationale, a certes besoin de traités et d’institutions, mais elle a surtout besoin de leaders charismatiques. Or, les leaders existent… mais pour le moment, ils ne sont pas français. Ainsi, un sondage réalisé par Harris Interactive en avril 2008 révèle que pour les citoyens européens, Angela Merkel est le leader le plus influent en Europe. La chancelière allemande obtient en particulier 38% de soutien en France, contre 18% pour Nicolas Sarkozy.
La France, habituée à donner le ton de la construction européenne, vivrait-elle mal cette passation de pouvoir ? À contrecœur, du moins. Il est difficile de ne pas voir une corrélation entre, d’une part, la méfiance soudaine de l’opinion française envers l’Europe, et d’autre part, l’absence actuelle de grand leader français sur la scène européenne. Si les pro-européens voulaient se faire davantage entendre, ils pourraient relever que ce soutien de 38% pour Angela Merkel est plutôt une preuve de confiance et de maturité européenne de la part des Français. Comment, sinon, un peuple historiquement si attaché au concept de nation accepterait-il d’attribuer le leadership européen à un autre chef d’État que le sien ?
Par ailleurs, l’absence de leader français reconnu en Europe n’est que momentanée. Nous pouvons espérer que la présidence française du Conseil, en montrant que ce pays fondateur a gardé sa force de proposition, entamera une réconciliation entre les citoyens et la construction européenne.
Maël Donoso
Administrateur des Jeunes Européens – Universités de Paris
Étudiant à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6), Maël Donoso termine un Master de Biologie intégrative et physiologie, spécialité Neurosciences, au Laboratoire de Neurosciences Cognitives de l’École Normale Supérieure.


Mais peut-on confier à l’actuel Président de la République, atlantiste farouche et sans discernement, la mission de valoriser l’image européenne auprès de ses concitoyens alors qu’il n’y croit pas lui-même ?
De multiples erreurs « européennes » ont été commises par M. Sarkozy qui fait fi de la doctrine gaulliste, notamment la reconnaissance précipitée du kosovo,qui n’a aucun sens, sinon de satisfaire les Etats-Unis et les puissances pétrolières du Proche-Orient… Cet individu a une vision strictement utilitariste de l’Europe, sans aucune conviction profonde. C’est regrettable. Mais c’est ainsi. Jusqu’en 2012.
De toute façon l’Europe, c’est pas manque de confiance ou manque de leader, c’est manque d’action et manque de proximité, tout simplement.
Merci en tout cas pour cet article, l’analyses est passionante.
Merci à l’Europe des ronds de cuir et compagni
Moi j ai cru à l’europe à l’époque des grands, mais maintenant, c’est bidon tout ça, ils se foutent de nous, ils éclairent la tour eiffel en bleu et accrochent des étoiles dessus. ca me dégoute !!
@tartam
pkoi une telle déception ?
L’Europe est le challenge de notre temps : il faut y croire, la vivre dans nos tripes et faire en sorte que ce ne soit pas seulement des lois, des règles.
Les institutions de la communauté auropéenne font un travail colossal. Il faut lire leurs textes, il faut découvrir leur action.
Elle est réellement importante.
Les gouvernements – de droite ou de gauche- ont eu tord de sa cacher derrière elle. Elle est et ne justifie pas qu’onlui fasse porter le chapeau à chaque fois qu’un chef d’état est défaillant dans un domaine où un autre.
Plus d’Europe pour être sûr de pouvoir survivre face au danger islamique, face à la montée de la Chine et de l’Inde. Plus d’Europe pour relever les challenges de demain.
Il ne fautpas confondre les signes, comme de colorer la tour Eiffel, et le fond, mais le fond, ils sont bien peu à l’appréhender.
Il faut multiplier lessignes mêmes quand ils paraissent dérisoires.
le comportement de la BCE et ses répercussions dans la sphère réelle peut également être questionné
On confond souvent le cadre et le contenu. L’Union européenne est un ensemble d’institutions, un niveau de pouvoir rassemblant les peuples de 27 Etats.
Ce cadre représente deux choses :
- La force d’intervenir et peser dans le monde d’aujourd’hui.
- L’Union d’un peuple qui après avoir partagé une longue histoire commune a décidé d’enfin renoncer aux rivalités qui lui ont tant coûté pour vivre ensemble.
L’Europe est ainsi non seulement notre seule chance d’exister dans un monde de plus en plus hostile mais aussi; qu’on le veuille ou non, notre identité.
Cela il faut le distinguer de la vie politique.
Tout le monde en convient : il faut structurer les élections européennes pour mieux démocratiser ses institutions. Un chef d’Etat en exercice comme M. Sarkozy n’est pas le mieux placé, loin de là, pour représenter l’ensemble des européens.
Mais jeter l’UE à la poubelle sous pretexte que les politiques conduites ne sont pas parfaites ou que tel dirigeant dérange c’est comme brûler un drapeau français le jour de l’éléction d’un président de droite parce qu’on soutenait son adversaire.
Si les politiques ne conviennent pas il faut faire vivre la démocratie pour les changer, quitte à la construire de toutes pièces.
Mais surtout il ne faut pas cracher sur les symboles, car ce n’est que derrière eux que nous pourrons accèder à cette europe démocratique dont nous ne pouvons pas nous passer.
+1 leo
excellente analyse
elle reste cependant bp trop « intello » et bp trop déconnecté de l’amalgame généralement formé par une majorité de Français pour qui l’europe concentre de nombreux reproches sur leurs conditions de vie actuelle
L’arrogance de l’auteur est impressionnante. Si le soutien à l’Europe passe de 60% à 30%, c’est par « manque de communication » alors que « l’Europe » est une énorme machine de propagande. Et qu’est-ce que ce « peuple européen » qui comprendrait la Turquie mais pas la Suisse ? Et qu’est ce cette « histoire commune » que nous avons avec la Lituanie ?
La seule Europe historique qui vaille serait fondée sur une néo-Carolingie, (la Suisse et ses voisins) élisant un successeur de Charlemagne au suffrage universel. Pourquoi pas l’effigie de Charlemagne sur l’euro ? L’Angleterre n’en voulait pas !
Cette construction chaotique et artificielle est sans avenir.
@ bernard : à titre personnel je n’y vois aucune arrogance.
Il est effectivement de la responsabilité des dirigeants européens d’expliquer leur projet et de parvenir convaincre de son bien-fondé une population hostile parfois idéologiquement, parfois objective de déclassement social (mais « communication » ne signifie pas effectivement « propagande », sur ce point vous avez tout à fait raison).
Quant à l’argument historique, il me parait hautement risqué : il existe à peu près autant d’arguments valables d’inclure les pays que vous avez cité que de les exclure, et ce, en référence à des périodes différentes de l’histoire.
Merci d’avoir pris la peine de me répondre. Cela, en effet, n’est pas arrogant et tout-à-fait sympathique.
Quand vous dites « Charlemagne », ce nom évoque une image positive dans un certain nombre de pays qui appartinrent à l’empire carolingien. L’an 800 de son couronnement constitue une date capitale dans l’histoire de l’unité européenne : elle ne dit absolument rien aux Turcs ! Une entité politique doit se construire autour d’un enjeu de mémoire. Elle ne peut se construire autour d’une doctrine économique contestable et contestée, comme c’est actuellement le cas. Dans cette perspective, la Suisse est une micro-Europe, réunissant Romains, Gaulois et Allemands. Elle devrait constituer un modèle de la construction européenne alors qu’elle en est exclue. L’Europe actuelle possède la géographie du IIIème Reich et ses dirigeants (désolé) en ont l’arrogance. Le rejet populaire d’une construction sans ancrage historique possède des racines beaucoup plus profondes et rationnelles que vous ne le supposez. On ne construit un futur commun que sur une image commune du passé (tout comme les guerres ont pour cause des divergences d’image du passé). Le terme d’Europe, appliqué à un ensemble qui ne contient pas la Suisse est purement et simplement une usurpation. L’ « Europe » est une néo-Lotharingie au lieu d’être une néo-Carolingie. C’est sa structure fondamentale qui est déficiente. En l’absence d’une telle structure, elle se rabat sur la « science » (hygiène, santé, écologie)…comme l’Allemagne nazie. Mais la science ne fait plus rêver, elle inquiète souvent plutôt. Et quand la « science » déclare que l’on nommer « chocolat » ce qui ne contient pas de cacao, s’occupe de la réglementation des WC, et autres vastes sujets, on ne sait si l’ « Europe » doit faire rire ou pleurer. Devant le rejet populaire, les promoteurs du « machin » disent qu’il faut informer : mais informer sur quoi, grands dieux !!! Sur l’action des lobbys, oui, on aimerait, mais il ne faut pas y compter. De Gaulle, ce grand prosateur, avait raison : l’ »Europe », c’est un machin : ni unité géographique, ni unité historique, l’Angleterre y est sans y être, la Suisse n’y est pas en y étant, les Lithuaniens y sont, mais n’ont rien à voir avec nous. A la première grande crise (et nous y entrons), cet édifice artificiel se lézardera, à moins de devenir totalitaire. Désolé de détruire vos rêves…
Et on s’étonne que les français comme les Irlandais, comme d’autres soient contre « cette » europe ?
La seule façon d’avancer pour construire l’Union européenne est de mépriser l’avis des peuples européens toujours et encore… Voyez le traité de Lisbonne… La France n’a pas tenu compte de l’avis émis en 2005 sur la contitution… L’Irlande devra sans doute revoté rapidement jusqu’à ce que ratification s’ensuive !!!
Un des problèmes majeurs à mon sens est que vous pralez d’ »UN » peuple, européen semble-t-il ? Mais la réalité est que ce peuple n’existe pas. Des peuples européens ont en effet intérêt à s’allier… Mais pas à n’importe quel prix !!!
La souveraineté nationale est un préalable à la réussite d’une Europe forte. La volonté de l’UE est de supplanter les nations par un Etat supranational qui déracinera chacun d’entre nous… ou tout du moins nos enfants et leur descendance !
Mondialisme quand tu nous tiens…