Flagrant Délit d'Opinion
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Décryptage politique

Election présidentielle : Sonder n’est pas jouer !

Par Olivier et Raphaël Leclerc

Alea jacta est ! Cette fois-ci les Français sont face à eux-mêmes, orphelins du moindre sondage. Libres diront certains, perdus penseront d’autres. Il faut dire que 2012 aura été un grand cru, sans aucun doute le meilleur. Comme le vin, la consommation de sondage se bonifie avec les années. Selon la Commission des sondages on devrait dépasser les 300 unités à l’occasion de cette campagne, soit une croissance de 200% depuis 1981[1]. De nouvelles initiatives ont d’ailleurs vu le jour, avec notamment des sondages en continu, le fameux rolling.

En ce samedi 21 avril 2012, on ne parlera jamais autant de l’élection présidentielle et pourtant aucun sondage ne paraitra dans les médias. Une exception après plus de trois mois[2] de publication continue, et une obligation depuis l’article 11 de la loi du 19 juillet 1977 (consolidé le 20 février 2009). Pourtant, le vide créé ne manquera pas d’attiser les rumeurs sur une campagne qui connait son premier rendez-vous, et les instituts leur premier moment de vérité.

Malgré un rapport législatif porté par les sénateurs Portelli et Sueur en 2011, les sondages demeurent un sujet de débats qu’il est nécessaire de mieux appréhender. Une nouvelle fois la campagne présidentielle a été marquée par un déplacement du débat, du fond à la forme. Critiqués dès le début d’année 2011 à l’occasion d’un sondage donnant Marine Le Pen potentiellement qualifiable au 2nd tour, les instituts de sondage et leurs représentants sont devenus les dindons d’une farce qui leur est étrangère. Ces boucs-émissaires tout désignés sont déjà juchés sur le promontoire médiatique, près à être jugés, critiqués et sanctionnés par les candidats, leur entourage et l’opinion au soir du 1er tour.

Les hommes politiques sont d’ailleurs en première ligne. Eux qui en consomment toujours plus (qu’ils les achètent ou non) en privé et qui les critiquent de plus en plus ouvertement face aux médias.

Dans une campagne pour laquelle les Français indiquent n’avoir

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que très peu d’intérêt, le « chiffre » est une nouvelle fois récupéré comme baguette magique. Tout comme les agences de notation lors de la crise financière, les instituts sont désormais perçus comme un acteur majeur, aux côtés des candidats. Les instituts et leurs chiffres sont devenus ceux que l’on utilise pour positionner, objectiver et désormais construire une histoire : c’est la course de chevaux, maquillée au storytelling journalistique.

Mais les médias ne sont pas en reste. Ils se retrouvent également sur le banc des accusés, dénoncés pour se montrer plus enclins à commenter des chiffres qu’à creuser les sujets de fond. Il faut dire que la multiplication de publication de sondages, présentés comme contradictoires, ne favorise pas la lisibilité de tendances et des dynamiques.

Ce mauvais débat et les critiques qui l’accompagnent font perdre de vue l’utilité démocratique des sondages, a fortiori en France, à l’occasion d’une élection présidentielle. Mesure de l’état de l’opinion à un instant précis, le sondage d’intention de vote permet d’évaluer les forces

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en présence et surtout les dynamiques. Il n’est pas un pronostic, quoi qu’en pensent les médias et l’opinion, notamment car il est tout sauf un jeu !

Dimanche 22 avril à 20h tous les yeux seront rivés sur les résultats, ces estimations réalisées justement par les instituts de sondages. A cet instant, chaque institut se plongera dans ses propres chiffres et dans ses tendances, pour identifier son appréciation de la situation. Il sera alors temps de faire son mea culpa, comme à chaque scrutin ; ou d’avoir le triomphe modeste ; mauvais rôle !

Le week-end sera donc vierge de tous sondages. 48h cela peut sembler court mais c’est un gouffre quand on sait que près d‘un quart des électeurs se décident lors de ces deux derniers jours. Voter reste un acte citoyen à part, une décision très personnelle et dont la volatilité à été mesurée et confirmée depuis longtemps.

Le sondage, et a fortiori celui qui porte sur une intention de vote, est un outil démocratique. Un instrument de mesure indispensable que les peuples des régimes autoritaires, passés et présents, nous envient. Alors que notre démocratie semble affaiblie et que la campagne n’a pas su apporter des réponses à tous les débats qui animent la société, il est utile de rappeler que de briser le thermomètre n’a jamais permis de faire chuter la fièvre.



[1] 111 en 1981, 153 en 1988, 157 en 1995, 193 et 2002 et 293 en 2007 selon le rapport de la Commission des sondages.

[2] Depuis le 12 janvier 2012, le rolling Ifop parait chaque jour à 18h.



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